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Maybe You Never Cry Again

JuliePeu de temps après avoir perdu sa mère emportée par un cancer, Julie, la directrice de notre service client, s’est enfuie à Paris, emmenant avec elle son père et sa sœur. Nous l’avons interviewée pour essayer de comprendre comment ce voyage les a aidé à faire face à ce deuil – et peut-être qu’un jour son histoire apparaîtra sur grand écran incarnée par Jennifer Lawrence.Pourquoi Paris ?Pendant les semaines qui ont suivi la disparition de ma mère j’appelais mon père tous les jours pour m’assurer qu’il tenait le coup. Ma sœur et moi l’avions surnommé Bigfoot, parce qu’on guettait ses moindres gestes. Un jour, il a décroché complètement hystérique, hurlant et pleurant. Il m’a juste dit « ses affaires sont partout », avant de raccrocher. J’étais au travail à ce moment-là, et parce que mes collègues sont super, ouverts et compréhensifs, j’ai pu laisser couler mes larmes devant tout le monde… encore une fois.
Plus tard cette semaine-là, alors que j’étais en train d’organiser la soirée des dix ans de Tablet qui devait avoir lieu à Paris, j’ai réalisé que ce serait l’occasion idéale d’emmener mon père avec moi. Quant à ma sœur, elle n’a pas eu le choix. Il était hors de question que je me retrouve à pleurer seule avec mon père dans les rues de Paris.

Mon père avait alors fixé une seule règle. Parce qu’il a toujours été un optimiste inconditionnel, même au cours des mois qui ont suivi la mort de ma mère, il a créé une philosophie baptisée « 95/5 » – on avait le droit d’aller bien à 95%, d’être heureux même, et d’être malheureux à 5% (maximum). La tristesse était acceptée tant qu’elle ne dépassait pas une petite portion de notre journée.

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Mama Shelter

Où avez-vous séjourné ?

Vous n’allez pas me croire mais on a séjourné au Mama Shelter… Et cela sans même penser une seconde à la symbolique de son nom ni combien il pouvait être l’endroit parfait pour nous à ce moment-là. On l’a surtout choisi pour ses prix et parce que c’est un lieu où les locaux ont l’habitude de se retrouver, je trouvais ça super. Quand on est arrivés on a trouvé « Mama Loves You » écrit partout sur les clefs et les accessoires de l’hôtel. On a tous les trois beaucoup pleuré pendant ce voyage, mais on n’a probablement jamais autant pleuré que lors de notre arrivée au Mama Shelter.

Notre séjour au Trianon Palace a aussi était exceptionnel – une escapade à Paris devrait toujours inclure une nuit dans cet hôtel de Versailles. J’ai eu l’occasion de séjourner dans de très nombreux hôtels et celui-ci est assurément l’un des plus beaux que j’ai pu voir.

Etais-tu inquiètes pour ton père et sa peur des légumes et de la grande cuisine ? Comment s’en est-il sorti à Paris ?

Là encore, on a eu de la chance en dînant le premier soir chez Frenchie. Mon père était le stéréotype parfait de l’Américain qui ne peut pas se passer de sa viande et de ses pommes de terre. Alors quand on est entrés dans le restaurant et que l’on a découvert leur unique menu – un menu dégustation, autant dire que vous êtes complètement à la merci du chef – mon père nous a demandé, bien fort, « Est-ce qu’on pourra se faire livrer des pizzas en rentrant à l’hôtel ? » Impossible que le chef Gregory Marchand ne l’ait pas entendu.

Je ne peux toujours pas croire que j’ai fait ça mais je suis allée parler directement au chef et je l’ai supplié de servir à mon père quelque chose qui ressemblait à un steak. J’ai dû lui dire quelque chose du genre « Faites simple s’il vous plaît ». J’ai tellement honte en y repensant. Mr. Marchand est l’élégance incarnée. Il a posé sa main sur mon épaule et il m’a dit « Tout va bien se passer. » Et même si je ne l’ai probablement pas cru à ce moment-là, j’étais à peu près sûre qu’au moins on n’allait pas nous jeter dehors.

French Restaurant Paris

Gregory Marchand et Frenchie

C’est en effet quelque chose que l’on peut redouter à Paris.

Le premier plat, une salade avec des betteraves, a laissé mon père sans voix. Il ne restait pas une miette dans son assiette. C’était à coup sûr la première fois de sa vie qu’il mangeait de la betterave. Tout à coup soulagées et joyeuses, ma sœur et moi avons commencé à boire jusqu’à être complètement ivres, tandis que mon père à côté s’émerveillait des saveurs du canard, de la cuisson parfaite des légumes et du fromage servi en dessert.

À la fin de la soirée, mon père s’est dirigé jusqu’à une ouverture qui donnait sur les cuisines et a crié au chef « DO YOU SPEAK ENGLISH? » Mr. Marchand a souri, il a hoché la tête et a serré la main de mon père en lui présentant ses condoléances. Ils ont ensuite parlé du repas et mon père lui a exprimé toute sa gratitude pour cette formidable première soirée à Paris. Touchées jusqu’aux larmes, ma sœur et moi avons essayé de cacher mutuellement notre émotion mais quand on s’en est rendues compte on a éclaté de rire. Mon père, Américain pure souche soudainement transformé en voyageur sophistiqué, nous a fait signe de nous taire avec toute la distinction d’un vrai Parisien. C’était mémorable.

Avez-vous trouvé ce réconfort dans d’autres lieux ?

Oui ! Notamment au Musée Marmottan Monet qui est tout simplement magnifique, paisible et chaleureux. Des agents de sécurité ont même pris le temps de nous montrer leurs œuvres préférées. Ils ont vraiment pris soin de mon père, ils lui trouvaient toujours un siège pour le soulager de ses maux de dos.

Nous avons également dîné au Relais Christine qui était absolument fabuleux. On a tous commandé un steak et j’en salive encore ! Le personnel était particulièrement attentionné. C’était important pour moi que mon père s’y sente bien, et ils ont tout fait pour que ce soit le cas. On lui remplissait son verre de glaçons toutes les dix minutes, sa chaise était large et confortable et je crois qu’ils ont même réussi à lui trouver un ginger ale. Plus j’arrivais à le mettre à l’aise, plus il était enclin à découvrir de nouvelles choses, et Paris a su accompagner mes efforts.

Île de la Cité

Île de la Cité était un endroit magique. Dans mon souvenir c’est le lieu que mon père a préféré, il a adoré ses petites boutiques et toute cette animation. On a aussi embarqué à bord de l’un de ces bateaux-mouches au coucher du soleil, et au moment où nous sommes passés tout près de la tour Eiffel, elle s’est mise à scintiller. On lèverait les yeux au ciel si on voyait cette scène dans un film. Mais en réalité c’était magnifique, authentique, tout ce dont on avait besoin.

Et bien sûr la soirée d’anniversaire de Tablet s’est tenue au Banke Hôtel. C’était une fête exceptionnelle, l’hôtel n’aurait pas pu être plus accueillant.

Au milieu de toutes ces belles surprises avez-vous eu des mésaventures ?

Je suis allée au château de château de Versailles avec ma sœur où nous avons essayé désespérément de voler une voiture de golf pour aller rechercher mon père resté au Trianon Palace (il avait des douleurs au dos et je ne sais pas pourquoi mais on n’a pas réussi à trouver un taxi pour nous emmener au château de Versailles). Mais apparemment nous n’étions pas les premières à tenter le coup parce que la voiture de golf s’est arrêtée toute seule au moment où on a atteint les limites du domaine. Pour faire court, mon père a fini par faire le trajet à bord d’un camion de glace. Seul et assez remonté.

Paris était exactement ce dont on avait besoin. On avait besoin de voir quelque chose d’aussi beau, de se régaler d’une cuisine si délicieuse, d’admirer ses œuvres d’art, de ressentir cette gentillesse. Elle nous a ramené à la vie.

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Trianon Palace Versailles

En y repensant, qu’est-ce que ce voyage a représenté pour toi ?

Environ sept mois après notre retour, mon père a fait une crise cardiaque et a été admis en réanimation dans le même hôpital où ma mère est décédée moins d’un an plus tôt. Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai retourné ma chambre et je me suis effondrée parterre. À ce moment-là, j’ai remercié le ciel pour ce séjour à Paris. Au moins, si mon père devait mourir, il mourrait en sachant que j’avais vraiment essayé. Et je saurais qu’il avait essayé lui aussi. Repenser à Paris m’a permis de me remettre debout et d’aller jusqu’à l’hôpital.

Mon père ne s’est jamais remis de sa crise cardiaque. Il a passé neuf mois en réanimation, tout en restant conscient et capable de communiquer. Le même homme qui, seulement quelques mois auparavant, grimpait les escaliers des quais de Seine comme s’il avait eu trente ans de moins, ne remarcherait jamais plus à l’extérieur, ne respirerait jamais plus sans assistance, et assisterait à mon mariage par Skype sur son iPad, depuis une maison de retraite. Et malgré ça, il a brandi le jour J une affiche sur laquelle il avait écrit « Je t’aime encore plus » – une maxime familiale – de façon à ce que je la vois au moment de marcher jusqu’à l’autel. Il m’a encouragée, il m’a dit que j’étais magnifique et a pleuré de joie.
Il était toujours celui qui allait de l’avant, il a toujours suivi sa propre philosophie, même quand il avait toutes les raisons de se morfondre. C’était une personne incroyable.

Au-delà de la perte de mon père, je ressens une véritable tristesse pour Paris qui a dû faire face à de terribles violences ces derniers temps. J’aurais aimé pouvoir faire quelque chose pour cette ville qui nous a épaulé quand on en avait besoin. Elle mérite une bonne dose de journées à 95%.

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui vivent aussi un deuil ?

De lire Maybe You Never Cry Again by Bernie Mac. de Bernie Mac (oui, Bernie Mac!) Dormez quand vous y parvenez et gardez à l’esprit que vous irez mieux. Vous irez mieux comme vous ne pourriez jamais l’imaginer quand vous venez de perdre quelqu’un.

Rencontrez des personnes qui sont elles aussi en deuil. Il y en a beaucoup, et moi ça m’a aidé d’être entourée de gens qui savaient qu’ils ne devaient pas attendre beaucoup de moi. Et bien sûr, quand vous êtes prêts, partez en voyage. Accordez-vous une pause, changez de décor, rencontrez des gens. Créez de nouveaux souvenirs heureux. Si on est suffisamment chanceux, on ne fera face à la perte d’un proche que quelques fois dans notre vie et on aura besoin de ces souvenirs pour se relever.

Fin.

 

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